Bien que de nombreuses études doivent encore être menées pour avoir des résultats plus concrets, plusieurs spécialistes se mettent d’accord sur un point : la réalité virtuelle peut avoir des effets thérapeutiques importants. La VR a notamment une utilité dans le traitement des phobies, la rééducation des troubles de l’attention, mais peut également abaisser la douleur.

Il existe déjà de nombreuses solutions non médicamenteuses pour apaiser la douleur en utilisant, par exemple, l’hypnose. Dans une étude parue 2004 (Manipulating presence influences the magnitude of virtual reality analgesia), plusieurs chercheurs de l’Université de Washington mettent en avant le fait que la VR permet particulièrement de diminuer la sensation douloureuse.

SnowWorld

Afin d’obtenir suffisamment de données pour réaliser une étude sur les technologies immersives et les thérapies antidouleur, des spécialistes de l’interface Homme-machine de l’Université de Washington ont mis en place une étude standardisée.. La recherche s’est notamment tournée sur la réduction de la sensation douloureuse chez des grands brûlés (avec des brûlures plus ou moins étendues) grâce à l’utilisation de l’application SnowWorld.

SnowWorld se déroule dans un décor de neige où l’utilisateur doit jeter des boules de neige sur des bonshommes de neige, des pingouins, mammouths ou encore des poissons volants. L’étude se penchant sur le cas de grands brûlés, l’application a été réfléchie spécialement dans ce sens, afin d’éviter la résurgence des souvenirs traumatisants incluant des chaleurs extrêmes.

Deux expériences avec deux types de technologies :

VR haute qualité : 

Il s’agissait d’une expérience complètement immersive avec son et head tracking (les utilisateurs pouvaient regarder les détails de l’application en 360°). Les technologies de l’époque comprenaient une configuration informatique avec une station Dell et un casque Kaiser XL-50.

VR basse qualité : 

Ce système comprenait également une application similaire à SnowWorld. Néanmoins, le groupe d’étude ne pouvait pas tirer de boules de neige et l’expérience ne permettait pas d’head tracking. Aucun son n’était disponible. Le matériel était également différent (sans haute résolution).

Les résultats : 

Plus la technologie et l’application étaient de bonne qualité, plus la réduction de la douleur est grande. L’étude discute de ce résultat en affirmant que, plus le sentiment de présence en réalité virtuelle est fort, plus l’attention des patients est déviée de leur douleur et peut ainsi permettre cette réduction drastique de la sensation douloureuse.

La comparaison avec d’autres systèmes :

D’autres études ont également comparé les différences de performance en termes de réduction de la douleur entre la réalité virtuelle et les jeux vidéo dits « classiques » (méthode qui avait montré son efficacité). Il s’avère que l’immersion ajoutée par la réalité virtuelle est un facteur important pour l’efficacité antidouleur de ce type de traitement.

Source : https://www.rdmag.com/article/2017/08/virtual-snowworld-helps-burn-victims-cope-extreme-pain  

Conclusion

De tels effets analgésiques de la réalité virtuelle s’expliquent par la sollicitation des mêmes circuits cérébraux que ceux impliqués dans la douleur. Ces réseaux sont ceux de l’attention, de l’émotion et du système sensoriel. En effet, lorsqu’un patient joue à SnowWorld en réalité virtuelle par exemple, les nombreuses stimulations visuelles focalisent son attention, l’environnement virtuel génère chez ce patient des émotions et ses actions motrices (lorsqu’il lance des boules de neige) ont un rôle inhibiteur sur la sensation douloureuse.

La réalité virtuelle stimule ainsi le patient de telle manière que la sensation douloureuse soit reléguée au second plan.

 

 

 

Sources :
  • Gromala, D., Tong, X., Shaw, C., Amin, A., Ulas, S., & Ramsay, G. (2016, February 14). Mobius Floe: an Immersive Virtual Reality Game for Pain Distraction [Text]. Retrieved November 21, 2018, from https://www.ingentaconnect.com/contentone/ist/ei/2016/00002016/00000004/art00002
  • Hoffman, H. G., Sharar, S. R., Coda, B., Everett, J. J., Ciol, M., Richards, T., & Patterson, D. R. (2004). Manipulating presence influences the magnitude of virtual reality analgesia. Pain, 111(1), 162–168. https://doi.org/10.1016/j.pain.2004.06.013
  • Jones, T., Moore, T., & Choo, J. (2016). The Impact of Virtual Reality on Chronic Pain. PLOS ONE, 11(12), e0167523. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0167523
  • Malloy, K. M., & Milling, L. S. (2010). The effectiveness of virtual reality distraction for pain reduction: A systematic review. Clinical Psychology Review, 30(8), 1011–1018. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2010.07.001
  • https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/
  • https://www.rdmag.com/article/2017/08/virtual-snowworld-helps-burn-victims-cope-extreme-pain
  • http://w3.uqo.ca/cyberpsy/fr/pres_fr.htm